(Rosé) Apocalypse Now : Now…or never?

Un lundi matin comme tous les autres. Le printemps pointe à peine le bout du nez avec les premiers barbecue au sec en short. Le week-end a été arrosé. Pas par les giboulées. Ta tête te fait mal. L’odeur du café et la perspective d’une semaine de pont de mai allègent ta pression crânienne. Mais quelqu’un a eu la mauvaise idée d’allumer la radio. Et là…c’est le drame…..Entre un auditeur qui appelle pour gueuler sur la grève des cheminots et la météo, la speakerine t’annonce comme ça, à chaud :

«  Avant l’été, faites vos réserves de rosé. A cause des mauvaises conditions climatiques de l’année dernière, la pénurie guette l’Hexagone….

Ton palpitant s’est arrêté. La terre vient de se mettre à tourner à l’envers. Dieu existe et il veut punir l’humanité….

Mets toi en PLS , respire dans un sac en papier et lis la suite.

Il est vrai que les médias tournent en boucle sur un manque de rôzzzzz sur nos tablettes de supermarché. Pourquoi ? Parce que ça touche à la trinité des clichés de l’été : picole, camping et coups de soleil.

Quand on gratte un peu sous les vignes, 2 raisons à cette panique généralisée ; le gel du printemps 2017 en Provence et la hausse impressionnante de la demande sur le marché mondial des alcools pour le petit frère du rouge.

Est-ce que ce mauvais concours de circonstance va assécher la source bénie? Attention « spoiler » : NON.

En fait, les vins rosés sont passés en quelques années d’une image de boisson diluée et légère de canicule à une alternative qualitative aux blanc/rouge pour tous les budgets. Dans l’imaginaire commun, le rosé apparaît comme un mélange des deux couleurs de breuvage. FATAL ERROR. Du moins en France, c’est interdit…sauf exception (bah oui hein, sinon c’est pas Français) en Champagne. Pour rappel, on fabrique du rosé avec le jus de raisins rouges un tout petit peu macérés dans les peaux de ces raisins ou pas du tout. Le résultat donne un jus clair que l’on fait ensuite fermenter pour le transformer en vin.

On a posé les bases, parlons cash. La France est la plus grande source et la plus grande buveuse de vins rosés au monde. La goulue ! La consommation nationale a doublé en 15 ans entre 2002 et 2017 et représente maintenant 1 bouteille achetée sur 3. Il faut dire que c’est un produit qui a beaucoup de qualités : économique, léger en alcool et souvent facile à appréhender pour la majorité de consommateurs novices avec ses arômes primaires (fruits frais, fleurs).

Pour revenir à l’apocalypse annoncée, c’est du flan. La baisse de production concerne principalement la Provence et ce, seulement pour les vendanges 2017. Il est vrai que ce vignoble fournit 40 % de la production de la France mais seulement 6 % au niveau mondial….. Alleluia ! Tu peux sortir de la position fœtale et retrouver ta dignité. La Loire, le Languedoc Roussillon, le Rhône, le Sud- Ouest , l’Alsace, le Jura, Bordeaux et même la Bourgogne peuvent te sustenter tout comme d’autres pays producteurs si tu n’es pas chauvin (et donc pas français ???? roooh je rigole) .

La seule mauvaise nouvelle est que la hausse de la demande implique une hausse de prix générale. A voir sur le long terme si le rosé rattrapera ses copains rouge et blanc. Dans tous les cas, je t’encourage fortement à regarder chez tes fournisseurs d’ivresse (supermarché, caviste, coopérative de vignerons, domaines) locaux ce qui se fait dans ton coin de France. Pour le rosé comme pour le reste, cela te reviendra moins cher.

Comme je suis d’une nature généreuse, voici mes suggestions de nectars :

Val de Loire : Domaine J.Mourat : O.V.N.I (Objet Viticole Non Identifié)

Une jolie découverte avec ce Grolleau du pays nantais. Ce joli cépage oublié à la robe claire nous offre une cuvée équilibrée aux notes de poivre blanc et de poire fraîche. A marier avec épices douces, entrées sucrées-salées, crustacés, poissons au court bouillon et salades composées.

Liban : Domaine Wardy – Rosé du Printemps

Pour accompagner tes grillades tout en voyageant, rien de mieux que cette alliance libanaise du Cinsault et du Syrah. Les papilles de tes convives vont frétiller sous la caresse du fruit et des notes grillées de cette pépite venue de Méditerranée.

Champagne : Piper Heidsieck – Rosé Sauvage

Nez de fruits rouges Bouche gourmande, très équilibrée. Un vrai champagne de « table » ; c’est à dire qu’il est assez puissant pour tenir le choc face à tout un repas. Un excellent rapport qualité-prix, de plus en plus rare au royaume des bulles….

Ophélie

*Je n’ai pas été rémunérée pour écrire cet article, je demeure libre de mon avis.

Sources :

https://www.lsa-conso.fr/les-10-chiffres-cles-des-vins-de-provence-aop,233499

http://www.lepoint.fr/vin/chroniques/penurie-de-rose-ou-pretexte-22-05-2018-2220369_582.php

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